Pourquoi The Guardian a-t-il confié la parole aux journalistes afghanes ?

Traduction d’une newsletter destinée aux abonnés du journal britannique retraçant une initiative éditoriale exceptionnelle en faveur de la liberté de la presse.

The Guardian Newsletter.

Often, August can be a quiet time, the so-called silly season, when stories tend to focus more on things like giant fish, Putin’s holiday snaps and food that looks like Jesus.

Not so this year. Last week alone, our teams were in Plymouth, England following the mass shooting; Port-au-Prince reporting on the Haiti earthquake; Australia, in the grip of another protracted Covid lockdown; and California, finding out about the first US town to ban new gas stations. With quiet like this, who needs busy?

And then there’s Afghanistan. Half the newsroom, it seems, is caught up in the story of the summer, with all its moving parts: the airport drama, the wider security implications, political humiliation, a doctrine demolished, a region upended, not to mention the countless personal tragedies within Afghanistan itself. The Guardian has been working with an inspiring group of women throughout these parlous days, publishing a string of urgent stories as the country teetered. Women report Afghanistan is a partnership with Rukshana media, a collective of Afghan women journalists who provided visceral coverage of the days when their lives changed for ever.

“The Rukshana journalists, in that week where their country was falling, were out reporting for this project 14-15 hours a day,” said Annie Kelly, the Guardian editor overseeing the collaboration as part of our Rights and freedom project.

The Guardian dealt with the translation and editing of stories for an international audience, but the reporting was entirely driven by the women of Rukshana. “They were filing copy as they were writing it. They were just astonishing – the speed at which they were doing the reporting and how good the reporting was when it came in,” Annie said.

With publication came a string of agonizing decisions. Does publishing bylines put the women at risk? What about the subjects interviewed? Ultimately, as with the stories themselves, the Guardian has been led by the Rukshana journalists. “The women were absolutely adamant they wanted their bylines on the story,” Annie said.

Now, many of them are lying low and awaiting what is to come. Taliban militants have searched the homes of several, while also attempting to reassure the world it won’t mistreat Afghanistan’s women the second time around.

We are deeply anxious about the safety of our colleagues, in awe of their bravery and eager for the opportunity to work with them again. “We’ve told them that we are a platform for them – anything that they can do, and anything that they want to do, we will publish, if they can get it to us,” Annie said.

The Guardian – Newsletter aux abonnés – 25.08.2021

Newsletter du Guardian

Août est souvent une période creuse, ce moment de l’année où les journaux se remplissent d’histoires de poissons géants, de photos de vacances de Poutine ou d’aliments en forme de Jésus.

Ce n’est pas le cas cette année. Rien que la semaine dernière, nos équipes se sont rendues à Plymouth, en Angleterre, pour couvrir la fusillade de masse ; à Port-au-Prince, pour rende compte du séisme qui a frappé Haïti ; en Australie, confrontée à un nouveau confinement prolongé lié au Covid ; et en Californie, à la découverte de la première ville américaine où la construction de nouvelles stations-service est interdite. Qui a besoin d’agitation avec un « calme » aussi mouvementé ?

Et puis il y a l’Afghanistan. La moitié de la rédaction semble être accaparée par l’actualité de cet été et tous ses rebondissements : le drame à l’aéroport, les conséquences sécuritaires à plus grande échelle, l’humiliation politique, une doctrine anéantie, une région bouleversée, sans parler des innombrables tragédies personnelles qui frappent l’Afghanistan lui-même. The Guardian a collaboré avec un groupe de femmes, en publiant une salve d’articles d’alerte tout au long de ces jours critiques pendant lesquels le pays vacillait. “Women Report Afghanistan” est un partenariat avec Rukshana Media, un collectif de journalistes afghanes qui ont offert une couverture poignante des jours où leur vie a basculé à jamais.

« Alors que leur pays s’effondrait cette semaine-là, les journalistes de Rukshana ont passé 14 à 15 heures par jour sur le terrain à réaliser des reportages pour ce projet » a déclaré Annie Kelly, la rédactrice en chef du Guardian qui supervise la collaboration dans le cadre de notre campagne « Droits et libertés ».

The Guardian s’est chargé de traduire et réviser les articles pour les adapter à un public international, mais les reportages étaient entièrement réalisés par les femmes de Rukshana. « Elles envoyaient leurs articles au fur et à mesure qu’elles les rédigeaient. Elles envoyaient leurs articles au fur et à mesure qu’elles les rédigeaient. La rapidité avec laquelle elles produisaient leurs reportages et la qualité de leur travail étaient tout simplement époustouflantes, a souligné Annie.

La publication a donné lieu à une série de décisions cornéliennes. Publier la signature des articles met-il ces femmes en danger ? Quid des personnes interviewées ? En fin de compte, à l’instar des récits eux-mêmes, ce sont les journalistes de Rukshana qui ont guidé The Guardian. « Les femmes étaient absolument déterminées à signer l’article », a déclaré Annie.

À présent, beaucoup d’entre elles font profil bas en attendant de voir ce qui va arriver. Les militants talibans ont perquisitionné les domiciles de plusieurs d’entre elles, tout en essayant de rassurer le monde sur le fait qu’ils ne maltraiteront pas les femmes afghanes une seconde fois.

Nous sommes profondément inquiets pour la sécurité de nos collègues, admiratifs de leur courage et impatients de pouvoir travailler à nouveau avec elles. « Nous leur avons dit que nous étions une plateforme à leur service : nous publierons tout ce qu’elles peuvent faire et souhaitent faire, si elles peuvent nous le faire parvenir », a affirmé Annie.

The Guardian – Newsletter destinée aux abonnés – 25 août 2021

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